Vincent BAROT

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Vincent BAROT

Message  Michel le Dim 23 Aoû - 20:51

Voici encore un autre santonnier peu connu du grand public, mais souvent cité dans la littérature ancienne, notamment par Charles Martin relayé par Arnaud d'Agnel et Léopold DOR puis Marcel Provence: Vincent BAROT (Aubagne 30 avril 1860-Pélissanne 18 janvier 1928).
Lors de son apprentissage de potier, il avait été remarqué par le sculpteur marbrier Bontoux. Il s'installe au milieu des années 1880 à l'atelier de la Codolette à Pélissanne et à partir de 1900, il commence à créer des santons exclusivement à partir de ses propres moules, chose relativement rare pour l'époque. A sa mort, il avait créé 180 modèles de 30 à 40 pièces assorties en plusieurs grandeurs. Son élève Laurent Jourdan d'Istres hérita des moules. Il immortalise l'Arlésienne avec une ombrelle, Crom-Crom type populaire d'Avignon, et Marie la chiffonnière de Pélissanne, le trompétaire (crieur public battant du tambour ), le ramoneur tiré de la crèche parlante d'Aix... En pleine guerre de 14-18, il crée des soldats d'Inde et d'Afrique et des poilus. Marcel Provence cite un chasseur couché qui figure sur la photo et qui a inspiré les Wall pour le leur. Il participe aux expositions "Arts et Santons" qui se tiennent entre 1919 et 1925 au boulevard Longchamp à Marseille, ses santons côtoient ceux de Thérèse Neveu, des Gastine. Il expose aussi au Salon des Arts décoratifs de Paris avec ceux cité plus haut ainsi que Pagano, Véran,.....
"Ses santons affirment Arnaud d'Agnel et L. Dor ont une simplicité, une bonhommie qui les rend populaires; ils sont peints à la détrempe et ne sont pas cuits au four. Ces figurines primitives sont appréciées des Aixois et des Avignonais qui en achètent annuellement plusieurs milliers."
D'après Charles Martin qui lui avait rendu visite, il était capable de faire en famille 100 santons à l'heure et sa production vendue dans les grandes villes occiliait entre 15.000 et 18.000 pièces. Elle atteint même une fois 20.000 sujets.
Vincent Barot a sculpté également des statues religieuses. En s'inspirant des Arlésiennes, il a aussi créé le buste d'une Marianne.
Figure éclectique, il a fréquenté divers archéologues et a exposé ses trouvailles au Musée de Nîmes.
Ces santons sont en terre grise privilégiée par les potiers car elle est plus facile à colorier. Ils sont peints à la détrempe, mélange de pigments et d'eau mêlée de gomme arabique (sève d'acacia). Le désavantage est que l'ensemble est instable et a tendance à s'atténuer lors des manipulations et des frottements. On verra comment on aura au minimum 80 ans...
La série de santons présentée ici provient d'une maison d'Orgon. Je l'ai reçue il y a une quinzaine d'années d'un ami facteur de galoubets et d'instruments provençaux qui s'essaya un temps à faire des santons chez les Wall. L'ensemble à l'exception de Marie et de Joseph qui sont de la fabrique de Nantes est symptomatique des crèches domestiques dans les campagnes du nord des Bouches-du-Rhône dans les premières décennies du XXe siècle.





Michel

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