Petit message personnel au Ravi: Salut biloute! Quel effet cha fait d'habiter chaint-Chaturnin?
Je reviens à la question de Pascal et aux sources provençales. Il semble que le personnage du Ravi ait figuré dès les origines puisqu'une ravie coupée destinée à la fenêtre de la fenière de l'étable ait déjà fait partie des santons de la famille d'Hauterives désignée sous le nom de crèche Bon par Régis Bertrand. Cette vingtaine de santons datant du 1er Empire redécouverts à la fin des années '50 avaient été réalisés par le même artisan. Certains portaient la signature de Lagnel. Dans une première étude sur cette crèche, Pierre RIPERT (
Jean-louis Lagnel créateur du santon populaire à Marseille, Revue illustrée du Vieux-marseille, IV-1959 n'avait pas tenu compte de ce personnage. Le ravi coupé couché dans la paille et apparaissant au fenestron la lanterne à la main pourrait dériver de la crèche parlante ou même de la pastorale (MAUREL, acte 5, scène 1). Je pense me souvenir (J'y fais référence de mémoire, je n'ai pas l'ouvrage sous la main) que Jean RICARD,
La crèche familiale, Marseille, 1970 en passant en revue les santons traditionnels considère le type du Ravi-coupé comme plus authentique que celui représenté sur son socle. Une variante serait le personnage debout sur l'échelle que l'on retrouve dans certaines crèches du XIXe s. notamment la gravure parue en 1882 dans la Provence artistique et pittoresque(Cf chez R. BERTRAND,
Crèches et santons de Provence, p. 95). Un vieux noël marseillais
Crésiou toumba de l'escalo évoque déjà la surprise du valet qui est souvent associé à Bartoumieu (RIPERT, Les origines..., p. 1

. GALTIER ajoute en page 7 dans l'opuscule
Les santons de Provence, paru chez Ouest-France en 1980 que lorsque le ravi en pied et le ravi-coupé figurent dans une même crèche, ce dernier est nommé l'étonné.
C'est encore R. BERTRAND, op. cit. pp.149-150 qui définit le mieux le personnage, manifestation anachronique d'une surprise émerveillée, dont l'attitude pose parfois problème aux santonniers qui lui font tenir un bougeoir une lanterne (ou parfois un bonnet). Quant au fait de savoir s'il représente Vincent le premier berger soulevant son chapeau ou le ravi, il est difficile de trancher. Le Papet, santonnier de talent, représente un personnage dans cette attitude, on peut lui demander son avis. La seule allusion à Vincent premier berger que je connaisse est de Gustave ARNAUD D'AGNEL,
Les santons de Provence, publié à Cannes en 1942. R. BERTRAND y fait référence en p. 85 dans le catalogue
Quand les santons entrent au musée, Edisud, 2003. J'ignore l'origine du personnage et de son nom. Arnaud d'Agnel et son cousin Léopold Dor ont souvent donné des noms aux santons en se basant sur des traditions locales. Il est à noter que le berger retirant son chapeau est un personnage classique de la crèche en plâtre. Le santonnier Joseph ASPERTY (1905-1972) en a produit une belle version. Il figure également dans les santons d'église de l'atelier Pellegrini (not. crèche de l'église de Fontvieille). Il figure également au catalogue de l'atelier parisien d'Ignaz RAFFL. Chicouloun en présente une version allemande de 40 cm de Kevelaer qui date de la fin du XIXe s. et deux autres versions françaises de style oriental. Le berger avec le chapeau contre le torse est d'E. Pieraccini.
Enfin, pour terminer, le valet à la lanterne soulevant sont bonnet est une création de Lagnel. Un moule de santon détaché de 1818 provenant de la collection d'or est conservé au Musée du Vieux-Marseille (Illustration chez Bertrand, crèches...op.cit. p.53). Le
Dictionnaire des santons de Provence des Ateliers Marcel Carbonel sous le nom de l'homme à la lanterne l'associe curieusement au personnage de Roustido.
Voilà Pascal, j'espère avoir répondu à ta question. Si quelqu'un a une autre idée, qu'il enchaîne...