L'histoire vrai de l'Arlésienne
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L'histoire vrai de l'Arlésienne
Ce qui va suivre nous éloigne quelque peu de la crèche, mais pas des traditions provençales. L'évocation par Daniel de l'Arlésienne m'a obligé à faire pour Ulrike un petit cours de littérature sur ce personnage dont la réputation (sulfureuse) a traversé les siècles et est devenu l'archétype d'une personne qu'on ne voit jamais.
Le conte imaginé par Alphonse daudet dans Les Lettres de mon Moulin, repose sur un fait-divers qui a réellement existé et qui a été détourné pour les besoins du drame mis en musique par Bizet. Elle a touché un autre poète au plus profond de son être: Frédéric Mistral.
Le frère aîné de Frédéric, comme c'était l'usage dans les familles de paysans aisés, avait envoyé ses enfants poursuivre leurs études à la ville, à Béziers. Les adolescents avaient les jours de fêtes et les dimanches des correspondants et François, le plus âgé des deux s'était épris de la demoiselle de son lieu d'accueil. Elle avait 16 ans, lui 18. Elle s'appelait Philippine Cauffopé. Les études faites, le jeune homme retourne au Mas du Juge et on parle mariage lorsqu'arrivent des lettres compromettantes pour la jeune fille. Le jeune homme exige la rupture et ne parvient pas à oublier le belle. Désespéré, il mettra fin à ses jours en se jetant du grenier sur la table de pierre. Le mas natal du poète a été racheté par d'autres Mistral. (La famille était originaire du Dauphiné. Il est né dans la région de St-Remy un peu plus de 600 Mistral depuis le XVIe siècle.) Les nouveaux propriétaires ont replacé, sans le savoir, la table à son emplacement d'origine.
Après une visite au mas avec Daudet, Mistral lui avait raconté le drame qui avait frappé sa famille. Le Nîmois impressionné mettra des années avant d'écrire son récit pour ne pas trahir les personnages. Qui mieux qu'une Arlésienne était capable d'émouvoir les sens et de susciter une passion aussi ravageuse?
Après la parution de la pièce, Mistral écrira à Daudet:
Mon cher ami,
Ton Arlésienne a renouvelé dans mes souvenirs toutes les émotions du drame de famille auquel tu me vis assister et prendre part, il y a quelques années. Mon récit avait dû te frapper bien vivement puisque je trouve dans ton oeuvre les choses vécues, les terreurs, les angoisses et les cris de cette catastrophe...
Cf Marie Thérèse JOUVEAU, Alphonse Daudet, maître des tendresses, P. 134, Imp. P. Roubaud, Aix-en-Provence, 1990.
Quant à l'Arlésienne, la vraie, celle de Béziers, elle convola en justes noces moins d'un an après le drame.
Le conte imaginé par Alphonse daudet dans Les Lettres de mon Moulin, repose sur un fait-divers qui a réellement existé et qui a été détourné pour les besoins du drame mis en musique par Bizet. Elle a touché un autre poète au plus profond de son être: Frédéric Mistral.
Le frère aîné de Frédéric, comme c'était l'usage dans les familles de paysans aisés, avait envoyé ses enfants poursuivre leurs études à la ville, à Béziers. Les adolescents avaient les jours de fêtes et les dimanches des correspondants et François, le plus âgé des deux s'était épris de la demoiselle de son lieu d'accueil. Elle avait 16 ans, lui 18. Elle s'appelait Philippine Cauffopé. Les études faites, le jeune homme retourne au Mas du Juge et on parle mariage lorsqu'arrivent des lettres compromettantes pour la jeune fille. Le jeune homme exige la rupture et ne parvient pas à oublier le belle. Désespéré, il mettra fin à ses jours en se jetant du grenier sur la table de pierre. Le mas natal du poète a été racheté par d'autres Mistral. (La famille était originaire du Dauphiné. Il est né dans la région de St-Remy un peu plus de 600 Mistral depuis le XVIe siècle.) Les nouveaux propriétaires ont replacé, sans le savoir, la table à son emplacement d'origine.
Après une visite au mas avec Daudet, Mistral lui avait raconté le drame qui avait frappé sa famille. Le Nîmois impressionné mettra des années avant d'écrire son récit pour ne pas trahir les personnages. Qui mieux qu'une Arlésienne était capable d'émouvoir les sens et de susciter une passion aussi ravageuse?
Après la parution de la pièce, Mistral écrira à Daudet:
Mon cher ami,
Ton Arlésienne a renouvelé dans mes souvenirs toutes les émotions du drame de famille auquel tu me vis assister et prendre part, il y a quelques années. Mon récit avait dû te frapper bien vivement puisque je trouve dans ton oeuvre les choses vécues, les terreurs, les angoisses et les cris de cette catastrophe...
Cf Marie Thérèse JOUVEAU, Alphonse Daudet, maître des tendresses, P. 134, Imp. P. Roubaud, Aix-en-Provence, 1990.
Quant à l'Arlésienne, la vraie, celle de Béziers, elle convola en justes noces moins d'un an après le drame.
Re: L'histoire vrai de l'Arlésienne
Merci Michel , j'utilisais l'expression sans en connaitre l'histoire.
Re: L'histoire vrai de l'Arlésienne
chicouloun a écrit:Merci Michel , j'utilisais l'expression sans en connaitre l'histoire.
Comme moi. C'est très intéressant. Merci aussi pour le texte.

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