la crèche de neige de Botrange en Belgique
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la crèche de neige de Botrange en Belgique
La crèche des Fagnes au Centre Nature de Botrange
Membre fondateur de l’Association belge des Amis de la Crèche, j’avais eu l’idée pour fêter le 10ème anniversaire en octobre 2001 de créer une Nativité en 12 cm qui représenterait les traditions des Ardennes et de l’Eifel, région frontalière avec l’Allemagne. L’année suivante, Alain Langer, directeur du Centre Nature de Botrange, dans les Hautes-Fagnes me demandait une crèche pour le village de Noël qui a lieu le mois précédent Noël dans les locaux du musée. Des artisans viennent y présenter leur production. Je lui proposai d’en faire une sur mesure.
Il y avait donc quelques personnages, il fallait trouver des éléments et un environnement qui puissent représenter au mieux le cadre si particulier de la région. Les Fagnes, landes désertiques de tourbières et de marécages culminent sur les hauts plateaux ardennais à 692 mètres d’altitude. Battues par les vents, l’hiver peut y être très rude et la température descendre jusqu’à moins 30°. Ce territoire wallon est échu à la Prusse après le traité de Vienne. Il est revenu à la Belgique après la guerre de 1914-1918. L’occupant allemand l’avait en partie planté d’épicéas, espèce importée de la Forêt Noire. La flore et la faune indigènes uniques dans la région sont comparables à celles des Alpes. Difficile de reproduire les fleurs en hiver, il était, par contre, possible de représenter les animaux sauvages tels que le renard, les lièvres et les lapins et plus caractéristiques encore les coqs de bruyère, emblèmes de la région dont il ne reste que quelques dizaines d’individus. Les sapins sont bien imités par de petits conifères trouvés en Allemagne, arrosés d’un mélange d’eau et de glycérine afin qu’ils se conservent plus longtemps (les créchistes, j’ai donné un truc là) ; chaque arbre étant passé à la bombe de neige.
Le choix de l’étable s’est rapidement porté sur une cabane à colombages recouverte de gazon. Le trouffeur, ramasseur de tourbe à la bonne saison s’y abrite et y dépose sa récolte et la découpe en briquettes destinées au chauffage.. C’était aussi l’occasion d’évoquer un métier disparu au milieu du siècle passé avec ses outils caractéristiques comme les longues pelles. L’association du biologiste, Alain, et du passionné d’ethnographie, bibi, nous poussa à représenter aussi les vieilles races d’élevage locales. Le mouton roux ardennais en voie d’extinction semblait parfaitement indiqué. Ce mouton peu réputé pour sa chair ou pour sa laine qui irrite la peau est une tondeuse écologique qui se contente des fourrages les plus grossiers. Il existe sur la Fagne un troupeau de 900 têtes qui participe à un programme d’entretien de la réserve naturelle. Les petites poules ardennaises, appelées bassettes ou poules des haies qui aiment les endroits isolés ou perchés, renards obligent, se sont invitées à leur tour au spectacle de la nativité.
En 2006, la célèbre croix des fiancés, Marie et François morts égarés dans la neige en janvier 1871 alors qu’ils revenaient dans la famille de la fiancée pour préparer leurs noces a complété le tableau. La croix originale est conservée au musée. Leur souvenir, plus que celui de nombreux autres disparus, a hanté les esprits des gens d’Ardenne durant des décennies.
Aujourd’hui, cette crèche, modeste à ses débuts, couvre 9m². Des personnages de12, 10 et 8 cm créent la perspective. Elle se complète d’année en année. Le Noël dernier une bergère est née. Les bergers sont secondés dans leur tâche par un chien, portrait du mien, fils de celui du berger de Botrange. Les écureuils intrigués par le remue-ménage sont sortis de leur hivernage pour gambader dans les arbres en compagnie des anges.
Techniquement, cette crèche est malaisée à réaliser. La neige est constituée de plaques d’ouatine qui sert au rembourrage des anoraks. La relative transparence du matériau implique la pose d’une première couche blanche; il n’est pas toujours facile de dissimuler les pots des végétaux. Il faut pouvoir circuler dans la crèche sans se trébucher. Le matériau est peu propice à la stabilité des santons. Tous les câblages électriques en basse tension et les transformateurs des feux, les lanternes qui font à peine deux centimètres doivent passer sous la neige et être quand même accessibles pour changer les ampoules ou en cas de faux-contacts. La poudre de neige que l’on trouve dans le commerce doit être relativement transparente; elle va permettre de stabiliser les personnages et de dissimuler les socles peints en blanc. Il ne faut pas oublier les accumulations de poudre pour imiter les congères et de respecter le sens dans lequel les arbres penchent et sont recouverts de neige. Enfin, des néons bleus (pas des lumières noires) renforcent l’effet nocturne et de frimas. A l’arrière, un néon jaune déposé dans un espace laissé libre en contrebas donnera un effet d’aube.
Michel.





Membre fondateur de l’Association belge des Amis de la Crèche, j’avais eu l’idée pour fêter le 10ème anniversaire en octobre 2001 de créer une Nativité en 12 cm qui représenterait les traditions des Ardennes et de l’Eifel, région frontalière avec l’Allemagne. L’année suivante, Alain Langer, directeur du Centre Nature de Botrange, dans les Hautes-Fagnes me demandait une crèche pour le village de Noël qui a lieu le mois précédent Noël dans les locaux du musée. Des artisans viennent y présenter leur production. Je lui proposai d’en faire une sur mesure.
Il y avait donc quelques personnages, il fallait trouver des éléments et un environnement qui puissent représenter au mieux le cadre si particulier de la région. Les Fagnes, landes désertiques de tourbières et de marécages culminent sur les hauts plateaux ardennais à 692 mètres d’altitude. Battues par les vents, l’hiver peut y être très rude et la température descendre jusqu’à moins 30°. Ce territoire wallon est échu à la Prusse après le traité de Vienne. Il est revenu à la Belgique après la guerre de 1914-1918. L’occupant allemand l’avait en partie planté d’épicéas, espèce importée de la Forêt Noire. La flore et la faune indigènes uniques dans la région sont comparables à celles des Alpes. Difficile de reproduire les fleurs en hiver, il était, par contre, possible de représenter les animaux sauvages tels que le renard, les lièvres et les lapins et plus caractéristiques encore les coqs de bruyère, emblèmes de la région dont il ne reste que quelques dizaines d’individus. Les sapins sont bien imités par de petits conifères trouvés en Allemagne, arrosés d’un mélange d’eau et de glycérine afin qu’ils se conservent plus longtemps (les créchistes, j’ai donné un truc là) ; chaque arbre étant passé à la bombe de neige.
Le choix de l’étable s’est rapidement porté sur une cabane à colombages recouverte de gazon. Le trouffeur, ramasseur de tourbe à la bonne saison s’y abrite et y dépose sa récolte et la découpe en briquettes destinées au chauffage.. C’était aussi l’occasion d’évoquer un métier disparu au milieu du siècle passé avec ses outils caractéristiques comme les longues pelles. L’association du biologiste, Alain, et du passionné d’ethnographie, bibi, nous poussa à représenter aussi les vieilles races d’élevage locales. Le mouton roux ardennais en voie d’extinction semblait parfaitement indiqué. Ce mouton peu réputé pour sa chair ou pour sa laine qui irrite la peau est une tondeuse écologique qui se contente des fourrages les plus grossiers. Il existe sur la Fagne un troupeau de 900 têtes qui participe à un programme d’entretien de la réserve naturelle. Les petites poules ardennaises, appelées bassettes ou poules des haies qui aiment les endroits isolés ou perchés, renards obligent, se sont invitées à leur tour au spectacle de la nativité.
En 2006, la célèbre croix des fiancés, Marie et François morts égarés dans la neige en janvier 1871 alors qu’ils revenaient dans la famille de la fiancée pour préparer leurs noces a complété le tableau. La croix originale est conservée au musée. Leur souvenir, plus que celui de nombreux autres disparus, a hanté les esprits des gens d’Ardenne durant des décennies.
Aujourd’hui, cette crèche, modeste à ses débuts, couvre 9m². Des personnages de12, 10 et 8 cm créent la perspective. Elle se complète d’année en année. Le Noël dernier une bergère est née. Les bergers sont secondés dans leur tâche par un chien, portrait du mien, fils de celui du berger de Botrange. Les écureuils intrigués par le remue-ménage sont sortis de leur hivernage pour gambader dans les arbres en compagnie des anges.
Techniquement, cette crèche est malaisée à réaliser. La neige est constituée de plaques d’ouatine qui sert au rembourrage des anoraks. La relative transparence du matériau implique la pose d’une première couche blanche; il n’est pas toujours facile de dissimuler les pots des végétaux. Il faut pouvoir circuler dans la crèche sans se trébucher. Le matériau est peu propice à la stabilité des santons. Tous les câblages électriques en basse tension et les transformateurs des feux, les lanternes qui font à peine deux centimètres doivent passer sous la neige et être quand même accessibles pour changer les ampoules ou en cas de faux-contacts. La poudre de neige que l’on trouve dans le commerce doit être relativement transparente; elle va permettre de stabiliser les personnages et de dissimuler les socles peints en blanc. Il ne faut pas oublier les accumulations de poudre pour imiter les congères et de respecter le sens dans lequel les arbres penchent et sont recouverts de neige. Enfin, des néons bleus (pas des lumières noires) renforcent l’effet nocturne et de frimas. A l’arrière, un néon jaune déposé dans un espace laissé libre en contrebas donnera un effet d’aube.
Michel.





Re: la crèche de neige de Botrange en Belgique
Superbe et très intéressant sur le plan historique et local. J'aimerais beaucoup savoir avec quoi la neige au sol est faite. Le rendu est saisissant, comme chez moi les matins d'hiver très froid, avec cette lumière bleutée... Chapeau !

Lucien- Messages : 74
Inscrit le : 04 Fév 2008
Age : 60
Localisation : Gilly sur Isère près d'Albertville, Savoie
Re: la crèche de neige de Botrange en Belgique
vraiment superbe vraiment et trés beau reportage
bravo
bravo
JM
Re: la crèche de neige de Botrange en Belgique
Cette crèche est trés belle et trés originale! C'est trés intéressant de connaitre l'histoire locale qui l'accompagne :les costumes colorés et spécifiques des santons, les moutons à têtes rouges, la joie des enfants.. et cette lumière bleutée qui enveloppe le tout, on est en pleine poésie!! Le nord nous réserve aussi de belles surprises!! Bravo!!
Re: la crèche de neige de Botrange en Belgique
J'ai fait une erreur en mettant le texte de Michel qui est très incomplet. Ce-dernier a fait parvenir, à Daniel, un rectificatif.
En agissant avec précipitation, je vous ai privé des informations historiques mais aussi techniques inhérentes à ses photos prises, par Michel.
J'espère que vous me pardonnerez pour cette erreur.
Correction faite
En agissant avec précipitation, je vous ai privé des informations historiques mais aussi techniques inhérentes à ses photos prises, par Michel.
J'espère que vous me pardonnerez pour cette erreur.
Correction faite
Re: la crèche de neige de Botrange en Belgique
Très belle crèche, ça donne une grande impression de douceur et de délicatesse. J'aime beaucoup.

mainou- Messages : 26
Inscrit le : 05 Fév 2008
Localisation : Midi-Pyrénées - petit village entre Albi et Gaillac




